upermuk// too empty

Before it was

le 20/10/2007 à 22h50
INCIPIT

Maintenant Cassandre ne se souvenait plus de la grosse femme, ni de la jeune fille, ni des ascenseurs rouges, ni des couloirs chics, pas plus que des nuages opalescents.

Elle se leva pour se rasseoir sur son lit, dans ces moments où, fatigué et à moitié inconscient, l'on s'arrête et ne pense à rien, avec un tournis très léger. Au bout d'un certain temps, le réflexe matinal d'aller se brosser les quenottes l'emporte sur l'inertie, et voyons en cela l'un des principes physiques de Cassandre : l'intensité et la brutalité de la reprise d'activité notoire est proportionnelle au temps d'attente consacré à l'inertie.Elle n'avait donc pas attendu très longtemps; quand c'était le cas, elle se levait d'un coup et commençait de choisir ses vêtements pour la journée, trifouillant frénétiquement dans l'armoire. Cette loi plus ou moins physique de sa psychologie s'applique à tous les niveaux de conscience et ce même aux moments les plus inattendus, il est donc important que nous gardions cela à l'esprit.

Donc Cassandre se brossait les dents.

Et quand elle atteignit les molaires, elle émergea peu à peu de son état d'inattention et se rappela des événements survenus précédemment dans son existence, comme le voyage scolaire qui devait débuter ce jour même. En se souvenant de cela, elle fit la liaison avec le réveil qui avait sonné trop tôt : il n'était que quatre heures du matin.
Après s'être aspergé la le visage d'eau froide, Cassandre se souvint qu'elle n'appréciait que très moyennement la compagnie de ses petits camarades de classe. Non pas qu'ils fussent tous stupides (même si ceux qui l'étaient étaient aussi loin d'être des cas isolés), mais aucun ne semblait mériter que l'on lui prête attention. Elle n'y voyait aucun intérêt, sauf peut-être passer son temps autrement qu'en solitaire accomplie. Mais elle ne les détestait pas non plus, peut-être même les appréciait-elle quelque peu, à force d'être exposée à leur présence. Mais leur existence toute vaine ne faisait que refléter la sienne : une vacuité écrasante. Jamais elle ne put démontrer cette thèse pourtant elle y croyait dur comme fer : la thèse fleurait l'ingrate vérité.

À quatre heures du matin le petit appartement dans lequel elle vivait avec sa mère était encore mort. Nulle trace non plus du frangin, qui passait sa vie en des lieux inconnus et ne revenait que sporadiquement pendant quelques jours pour ne rien faire d'autre qu'acte de présence et éventuellement subtiliser quelques éléments du frigo. Autant dire que, pour Cassandre, son frère était un mystère insolvable, autant dire qu'il n'existait tout bonnement pas.

Les valises étaient déjà prêtes pour le voyage scolaire de deux semaines dans un bled inconnu paumé au coeur de rien. Qu'allaient-ils bien pouvoir fabriquer là-bas, elle n'en avait pas non plus la moindre idée, cette question étant presque plus épaisse que le voile qui occultait l'étrange réalité de son frère.



Eh bien voilà que Cassandre apparait, malgré elle.

Kussjes.

Commentaires

Par magicaldrawing le 21/10/2007 à 22h13

j'aime bien ta facon de raconter
c'est super bien écrit^^
ta beaucoup de talent grr concurence^^mdr

Avatar de konoka-chan

yume risou ni kaeru...^^

Par konoka-chan le 21/10/2007 à 14h24

Je savais pas que tu n'aimais pas beaucoup la présence de tes camarades de classe (enfin si en faite -__-')
Moi aussi j'ai cette impression avec eux ... Je ne les detestes pas mais je sais pas vraiment dire ce que je ressent à leurs égars. Et puis les gens stupides ne méritent pas la moindre attention =P (telle est ma pensée xD)



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